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mai 15, 2006
Derniers moments en Australie occidentale
Désolé pour tout ce temps d’attente, mais il s’est passé pas mal de choses depuis le dernier article. Mais reprenons chronologiquement, comme cela, je serai certain de ne rien oublier. Aux dernières nouvelles, nous devions quitter Margaret River.
C’est chose faite, puisqu’il y a 3 semaines environ, nous avons fait le tour des maisons des personnes que nous connaissions afin de faire un dernier au revoir. Mais avant, nous avons quand même pris le temps de réaliser quelques activités touristiques. Ainsi, un dimanche, nous avons embarqué avec notre ami Clinton qui est guide pour des balades en canoë. Nous avons donc réalisé un tour de 4 heures avec à la clé visite d’une grotte, explication de comment se nourrir dans le bush, mais aussi un pique-nique très agréable sur les bords de la rivière avec des produits uniquement issus du Bush.

Je commence vraiment à bien connaître la nature ici et je me sens vraiment à l’aise dans cet environnement. Une petite plante ressemble à notre céleri, il y a aussi des petites tomates du bush appelé quondong mais aussi des petits oignons très fort et beaucoup de plantes à sucer au goût de kiwi, de noix de coco ou d’épinard. Certaines fois, je me sens ridicule d’être dans une nature aussi riche, de passer à côté sans même savoir que tout est en abondance ici. Le Sud de l’Australie occidentale est particulière pour cela, c’est une bande de littorale très riche, la seule à vrai dire de tout l’état. Le reste c’est du désert, du désert et encore du désert. C’est pour cela que j’ai pris également beaucoup de temps pour visiter cette région ; outre la richesse de sa faune et de sa flore, il y a une histoire très intéressante sur la présence française avant la colonisation par les britanniques. Quoiqu’il en soit, je ne peux malheureusement pas m’étendre pour l’instant sur ce sujet très intéressant, mais je pense de plus en plus à l’écriture d’un livre à mon retour afin de donner la perspective conjuguée de la colonisation anglaise ainsi que de la présence française antérieure vu par les australiens et les aborigènes.
Nous avons terminé la journée par une course sur les 100 derniers mètres de la rivière avant de réaliser une « photo de famille » en compagnie de Clinton et de toute la troupe. Vous ne trouvez pas que Clinton a des airs de Bob Marley ? D’ailleurs pour l’anecdote, un des fils de Bob Marley vit à Perth.

Le soir même, nous sommes allés dormir sur une plage, et je vous mets une photo de l’autre côté du Van, car je crois, si mes souvenirs sont bons, ne jamais vous l’avoir montrée :

Cette extraordinaire peinture a été réalisé par David West, alias Westie, un peintre de renom dans la région. Celle-ci représente la baie d’Espérance originale, c'est-à-dire avant l’arrivée des colons. Le jour où il réalisa cette « œuvre », j’étais assis sur une chaise près du Van. Je le regardai, j’essayai de comprendre sa gentillesse et de contenir mes larmes. Mais ce fut plus fort que moi, j’explosai en sanglot. Pourquoi tant de gentillesse et de partage avec moi, l’inconnu qui arrivait à Espérance depuis quelques jours et qui fut tout de suite intégrer dans cette famille aborigène. Je n’ai pas d’argent, je n’ai que moi, ma façon d’être, je n’ai rien de particulier et pourtant, les gens font toujours preuve de générosité extrême. Ce fut trop pour moi, je ne pouvais plus me contenir, moi qui ai toujours été habitué dans mon pays à échanger chaque service contre une quantité d’argent. Ce fut l’instant ou je commençai à découvrir une nouvelle approche de la vie, basée sur autre chose que le matériel. Quoiqu’il en soit, comme beaucoup d’artistes, Westie a une fâcheuse tendance à boire trop d’alcool. Il me demanda d’aller acheter des bières, chose que je refusai instamment car j’avais pris connaissance du fait que les aborigènes (même s’il n’est que 50% aborigène) ne supporte pas l’alcool. En effet, ce n’est pas dans leur culture et lorsque les blancs arrivèrent avec leur lot de maladies, d’alcool, de lapins, de renards, et j’en passe, ceci commença à décimer ce peuple présent depuis au moins 55000 ans (On a retrouvé des sites avec des ossements datés au Carbone 14 de cette époque dans la région). Ainsi je rechignai à lui acheté de l’alcool, mais après m’être fait convaincre par son entourage, je cédai. Ainsi, il bu, il peignit, il rebu, il repeignit et moi, je contemplai inlassablement l’œuvre qui prenait forme. Dans mes sanglots, Gail, la sage de la communauté venait me réconforter avec une tendresse maternelle qui me manquait aussi, moi qui suis loin de mes bases. Westie continua, m’expliquant en titubant qu’avec 3 couleurs, tout est possible. Il avait pris soin de placer sur son pochoir du rouge, du vert et du bleu. Il grogna, il me dit que son professeur à l’époque n’aimait pas le bleu, trop de bleu enlevait du contraste à l’œuvre finale. Par esprit de contradiction et de revanche je pense, il en rajoutait une couche supplémentaire. Toujours plus de bleu, toujours plus. Une fois l’œuvre terminé, il me dédaigna, tourna les talons et s’ouvrit une dernière bière avant de s’affaler et de s’endormir sur un canapé à l’intérieur de la maison devant un match d’ « Aussie Rules » (football australien). Deux jours plus tard, je rencontrai de nouveaux Westie à la plage, le Van ainsi fraîchement repeint. Il se dirigea vers moi et me demanda d’un air méprisant : « Qui a peint ton Van, garçon ? ». Je lui répondis que c’était lui deux jours plus tôt. Il ne se souvenait pas. Il contempla attentivement le Van, observa la pureté des courbures et se mit à pleurer. « C’était bien toi Westie, c’est toi qui a fait ça et personne d’autre. Je ne saurai jamais comment te remercier pour ta bonté »…
Voila la vraie histoire de ce côté du Van. A partir de ce jour, plus rien n’a été comme avant pour moi. Ultrasensible, cet épisode fut une énorme leçon de morale. Je vous avoue tout de suite que j’écris cela à la volée, je tape sur les touches de mon clavier sans réfléchir, mais je me rends compte que mon périple a été depuis cet instant une succession d’événements émotionnels très fort. Je veux vraiment essayer d’écrire un bouquin.
La suite de l’aventure nous amena au centre culturel aborigène Wardan. Vous pouvez allez faire un tour sur leur site Web, c’est ici.

Après la journée canoë, nous nous sommes retrouvés avec Clinton au Settlers Tavern, la bar de Margaret River. Quand vous pénétrez dans ce bar, vous êtes plongé directement dans l’atmosphère 100% australienne. Au fond à gauche, des écrans qui passent toute la journée des courses de lévrier et de chevaux où les gens peuvent parier quand ils le veulent. Je ressens l’ambiance très masculine du bar, il est 4 heures de l’après midi et déjà beaucoup de gens se pressent pour commander des bières. Je ne peux m’empêcher de penser que tous ces australiens sont des descendants d’anciens prisonniers, les premiers à avoir foulé cette terre australe. Le langage est dur, mal dégrossi, les paroles fusent dans le bar, pas de retenue. Je rejoints Clinton à une table, il est en présence de Nina, une femme aborigène. Comme toutes ces personnes au grand cœur, Clinton a une attirance pour la bouteille. Il est déjà dans un état de gaieté lorsque j’arrive. Je commande un autre pichet. Moralement, je ne suis pas au mieux, avec Maribel, il nous reste quelques dollars pour rejoindre Perth et vitre travailler là-bas, on n’a pas beaucoup de marge d’erreur. Je commence à fixer les écrans au fond du bar par curiosité et le questionne sur le fonctionnement de ce système. Il m’explique et me donne 5 dollars. « Vas y, choisi un lévrier sur la prochaine course, choisi un nom qui te plaît ». Je scrute attentivement l’écran, passant en revue chaque nom de chien. « Ok, ce sera Ghostly Hayanar, le numéro 4 ». Je ne sais pas trop ce que signifie ce nom, mais ca me plaît, on verra bien. La course commence, les lévriers foncent à une allure folle, telle des aventuriers en quête du Graal. La course s’achève, mon toutou franchit la ligne en première position. Bingo ! Ce n’est pas le jackpot, masi je double la mise et empoche 10 dollars. Le début de la fortune ? Je n’en sais rien, mais ca fait plaisir et c’est de bonne augure. Je veux les redonner à Clinton, après tout, ce n’était pas mon argent. « Garde le garçon, ce fut ton choix, tu l’as bien mérité » me rétorque t’il. J’accepte, je commence a être habitué de la manière d’agir des australiens. Dans le même temps il a gagné 600 dollars cet après-midi là, et avec l’effet de l’alcool en plus, je sens une subtile euphorie dans ses yeux. Pour ma part, je n’ai jamais aimé parier, je n’aime pas trop les jeux de hasard. Trop risqué ?
L’après midi continue, Maribel me rejoint après avoir acheté quelques perles pour réaliser des colliers. Nous faisons la connaissance de Nina par l’intermédiaire de Clinton. Le courant passe tout de suite, Nina semble une femme extraordinaire, avertie et pleine de subtilité dans son regard. A peine le temps de se présenter qu’elle nous prend par le bras pour nous emmener dehors. On ne comprend pas tout de suite, que se passe t’il ? Elle nous approche vers un grand arbre et prend méticuleusement ses feuilles qu’elle broie ensuite entre ses mains. Nous approchons notre visage pour sentir et à notre grande surprise une odeur envoûtante de citronnelle se dégage de ses mains. « Vous voyez, c’est un lemon tree. Vous pouvez récolter ces feuilles et les mettre dans votre garde robe, ça fait fuir les thermites et autres moustiques et en plus ça sent très bon ! ». Le conseil est noté, nous prenons quelques feuilles pour embaumer notre van. Nous retournons au bar, échanger quelques discussions de comptoir puis elle nous invite à se revoir le lendemain au centre aborigène Wardan qu’elle détient avec sa famille. Le rendez-vous est pris.

Le lendemain, nous avons donc passé la journée au centre aborigène. Ci-dessus, c’est Nina. Cette journée fut très agréable et encore une fois j’en appris beaucoup sur le peuple aborigène de cette région, les Nyoongar. Après une démonstration de comment allumer un feu avec deux bouts de bois, Nina nous montre en action comme faire de la colle pour réaliser des outils de toute sorte. Les aborigènes étaient extrêmement en avance pour leur temps, puisque la première colle réalisée par les blancs pour coller des matériaux différents ne remonte qu’à quelques décennies. Chez les aborigènes, un peu de résine d’arbre Balga, du charbon et de la crotte de kangourou permet de réaliser une colle pour fixer par exemple une pierre aiguisée sur un bout de bois pour en faire un couteau. Technique ancestrale qui fait toujours ces preuves. Si la fin du monde approche, je saurai toujours où me réfugier ! Le savoir faire se transmet de génération en génération à travers ce centre, pour des regards parfois ébahis de touristes curieux de cette richesse culturelle. Nous avons ainsi passé la journée entre une initiation au jet de lance, la visite du centre mais aussi beaucoup de discussion sur l’histoire et les légendes locales.
L’épisode de Margaret River s’est ainsi achevé en beauté, et nous pouvions remonter à Perth pour continuer le périple. Nous en avons profité pour faire un détour au lac de Clifton, histoire de faire une pause et prendre notre déjeuner.

Quel endroit paisible. L’australie est formidable pour cela. Peu de gens, beaucoup d’espace, ce qui facilite la réflexion et la méditation. Il n’y a pas toute cette agitation, ce bruit et cette pollution que l’on peut retrouver dans les villes. Quand on est dans le bush, on ne triche pas. On est face à soi-même et on n’a aucune distraction pour se divertir. Le grand avantage dans tout cela ? On développe ses sens. Toutes les odeurs marines et florales ou animales ressortent, nos yeux parcourent incessamment ses immenses paysages à perte de vue. On devient plus sensible aux moindres détails. Les oreilles s’accoutument est bientôt, nous sommes capable de reconnaître distinctement chaque espèce d’oiseau différente. On apprécie chaque moment comme il se doit, sans penser au futur, mais bien à l’instant présent. C’est si agréable.
Le voyage reprend, nous passons à Mandurah.

A partir de ce point, la ville reprend ses droits. Sur 150 km, il s’est construit 65000 nouvelles maisons. Avec une économie en plein boom, une croissance de 8% par an et un tôt de chômage qui vient de redescendre sous la barre des 4% (jamais vu depuis 1976), il n’y a que les feignants, les handicapées, les drogués, et les surfeurs qui ne travaillent pas. Ici, si tu veux travailler, tu peux ! Du jour au lendemain. Les maisons valent entre 200 et 400000 euros, ce qui est raisonnable sachant qu’en travaille dans le Nord, on peut gagner allègrement 80000 euros par an… L’Australie occidentale ne représente que 18% de la population australienne, 1/3 du territoire et pourtant 45% des revenus de l’Australie. Dans ces conditions, des rumeurs d’indépendances circulent ci et la, mais nous rentrons à présent dans un débat politique… STOP !
Notre ascension continue et nous arrivons aux portes de Perth.

La ville… Ce n’est pas pour m’enchanter, après tant de mois passé à la campagne loin de tout stress, pollution et circulation. Mais c’est comme ça. Des fois, dans la vie, on n’a pas le choix (tout du moins, on a l’impression de ne pas avoir de choix !). Nous sommes à court d’argent avec Maribel et le temps presse.
Vous vous rappelez, les filles rencontrées chez Christian ? Hé bien, c’est chez elles que nous avons décidé de poser nos bagages. Une maison de fou en vérité. 2 maisons côte à côte où vivent 9 personnes. Tout est ouvert, des poules circulent ci et la, un filet de pêche est même installé dans un arbre pour des réunions en petit comité !

La visite continue, ce sont 9 jeunes d’une trentaine d’année qui ont décidé de prendre possession des lieux, et le bouche à oreille continue, si bien qu’il y a déjà 5 maisons dans le quartier juxtaposées où tout le monde peut passer de jardin en jardin. Toute une énorme bande de potes. Déboussolant !
Le « maître des lieux », c’est lui : Jason

Une trentaine d’année, un peu beaucoup déjanté mais très gentil. Sa dernière invention, une pisince au fond du jardin. Il est donc entrain de creuser et projette de faire une petite cascade mais aussi de mettre des poissons afin d’être au contact plus proche de la nature !?!?
Il est ici depuis une dizaine d’année, c’est le vieux de la vieille. Sa passion ? Les jouets.

Convaincus ? Ici, c’est un tableau rempli d’armes bien sûr factice au cas où des ennemis viendraient l’attaquer ?!?!

Ca c’est la pièce à jouet. Il adore tout ce qui est maquettes mais aussi figurines. On appellerait pas sa une névrose ?

Voila donc un peu pour l’énergumène, vous vous imaginez un peu dans quel endroit nous sommes tombés !
J’en rigole ceci dis maintenant, mais à court d’argent et dans une maison de « perturbés », je me suis trouvé un peu perturbé moi aussi. Je ne veux pas trop rentrer dans les détails, vous pouvez consulter pour cela l’article du Pays que j’ai mis dans la galerie photo, mais je suis parti un jour précipitamment rejoindre la famille aborigène qui m’avait accueillit à Espérance. J’ai tout laissé sur place, tout le matériel et même Maribel… J’avais besoin de prendre du recul, besoin d’espace. Encore une fois, je n’ai pas assez de recul sur l’épisode, mais le fait d’avoir projeté des plans pour le futur avec mes amis américains rencontrés un peu plus tôt m’a fait beaucoup douté. Ma famille étant très loin, il n’y avait qu’à Esperance que je pouvais obtenir force et réconfort. Et c’est ce qui c’est passé. J’ai repris également beaucoup contact avec ma famille restée en France qui s’inquiétait beaucoup pour le coup de ne pas avoir de nouvelles ; J’avais même cessé d’écrire des articles pour le journal du Pays. Encore une fois, je crois que cet épisode pour faire partie d’un chapitre entier dans un futur probable livre dans la mesure où l’absence de ses proches et quelque chose de difficile à gérer, qu’on ait 24 ans, 12 ans ou bien 50 ans.
Quoiqu’il en soit, j’ai retrouvé force, courage et santé à Espérance où Maribel me rejoignit quelques jours plus tard.

Cette place est faite pour se ressourcer. Si à l’heure actuelle, je devais choisir une place pour m’installer en Australie, ce serait là-bas. Mais ce n’est pas au gout du jour puisque nous avons décidé avec Maribel de rentrer comme cela était prévu initialement au 15 juin. Ma famille m’aidant financièrement pour la fin du périple, je les rembourserai avec la vente du Van qui ne pourrait pas tarder. Nous finirons donc notre périple tranquillement par une halte à Melbourne avant de rejoindre Sydney pour notre vol retour à Paris.
Nous en avons profité pour assister à Pink Lake (peinture qui est également sur un des côtés du Van) à un somptueux coucher de soleil.

Je crois que, visuellement parlant, les levers et couchers du soleil seront ce qui m’a le plus marqué en Australie. C’est difficilement descriptible, mais le ciel se pare de couleurs si différentes à chaque fois, que chaque coucher ou lever du soleil est différent. De plus, dans les plaines comme ici à Espérance, la Lune fait face au Soleil presque tout le temps et le soleil n’est pas encore coucher que la Lune a déjà repris le relais pour la nuit tombante.
Voici encore une photo d’un coucher de soleil pris il y a quelques jours. Ce qui fait rager le plus, c’est que les australiens ne font même plus attention à cela, puisque ça se produit tous les jours ! Mais pour nous voyageurs d’un temps, c’est une vraie nourriture pour l’âme !

A Espérance, nous avons travaillé une journée dans une plantation d’ail !

Lui, c’est Glen. Le propriétaire de la ferme. J’ai beaucoup accroché avec lui et nous avons même passé la matinée à discuter ensemble. Un vieux baroudeur plein de sagesse. Ces conseils avertis résonnent encore dans ma tête. Il m’expliquait qu’il allait venir en France en août pour acheter une planteuse et une nettoyeuse de gousse d’ail. Je l’ai donc conseillé pour préparer son voyage et donner quelques conseils « culturels » sur la France. Il m’expliqua qu’après avoir passé la majeure partie de sa vie à négocier de l’Or ; en effet, il possédait une mine d’Or à Kalgoorlie ; il a décidé d’acheter 400 hectares de terrain et de se lancer dans la culture de l’ail. L’ail n’a donc plus aucun secret pour moi et j’ai eu la confirmation par la même que l’ail ainsi que le vin rouge est bon à la santé pour combattre les effets des radicaux libres responsables du vieillissement de notre corps. Conclusion : Bouffer de l’ail et buvez du pinard, vous resterez jeunes et en bonne santé ! Je n’oublierai jamais cette rencontre, encore un australien fidèle à sa réputation : débrouillard, simple, sans artifice et avec un cœur gros comme ça.
Nous sommes repartis avec quelques dollars en poche, une quantité énorme d’ail et deux caisses de melons !
Les forces reprises, nous sommes donc remonté avec Maribel à Perth, mais cette fois-ci chez Craig, vous vous rappelez ? Celui qui nous avait accueilli lors de notre arrivée avec Seb en Australie. Nous sommes donc chez lui depuis quelques jours en attendant notre départ pour Melbourne.
Nous en avons profité pour visiter quelques plages avec Maribel.

Ici, c’est Cottesloe. Cette maison a servi de mission pour les aborigènes. Une mission, c’est une sorte d’école où les enfants aborigènes, séparés de leur famille de force (la génération volée), venaient suivre l’éducation catholique des blancs. Ensuite, ils étaient envoyés en temps que servants pour la plupart dans des maisons de blancs. C’est aussi un chapitre très tendancieux où chacun à sa version des faits, et je ne veux pas polémiquer. La sortie au cinéma jeudi du « Da Vinci code » suffit amplement comme sujet de polémique !
Revenons à nos moutons… Nous passons donc maintenant quelques jours en compagnie de Craig. Depuis que je l’avais quitté il y a maintenant 3 mois, il s’est fait embaucher dans un bateau qui fait la navette pour rejoindre l’île de Rottnest situé à 19 km au large de Perth. Il nous a ainsi gentiment invité à monter à bord afin de visiter l’île.

Friand de technique, j’ai pu consolider mes connaissances sur les bateaux, très semblable à l’aviation par ailleurs, mais en plus simple ! Le boulot n’est pas sorcier, et il a même le temps d’aller surfer dès qu’il y a des vagues le temps de midi. Il y a des métiers plus difficiles sur cette Terre !
Encore une fois, nous avons profité des magnifiques levers de soleil puisque nous partions chaque matin à 6 heures.

L’île doit son nom au capitaine Willem de Vlamingh, un navigateur hollandais qui, au 17ème siècle remarqua avec sa longue vue des sortes de rats sur l’île (Rottnest signifie nid de rat en anglais). En réalité, c’étaient de petits marsupiaux, une espèce miniature de kangourous.

En l’époque, les navigateurs à voile ne pouvaient pas s’approcher trop près, au risque de finir en épave. C’est ainsi qu’en quelques siècles, pas moins de 14 épaves bordent l’île car la faiblesse de profondeurs des lagons rendait l’accès à l’île difficile. Pour l’info, en ce moment, une réplique d’un bateau suédois est au port de Fremantle pour une halte avant de continuer son périple en Indes.

Un aperçu des bateaux d’antan. La navigation était alors très difficile et risquée. L’histoire de l’île est très intéressante, elle servit d’abord de prison pour les aborigènes jusqu’en 1903. Ils construisirent alors prison, maison, église. Plus de 360 aborigènes sont morts là-bas. Un guide volontaire nous expliqua qu’au début, lorsque les colons sont arrivées, les aborigènes les accueillerent à bras ouvert puisqu’ils voyaient en l’homme blanc la réincarnation de leurs ancêtres. Ils leur montrèrent alors toutes les sources d’eau et les terres fertiles. Les blancs, ayant pris connaissance de tous ces lieux stratégiques commencèrent alors à repousser les aborigènes loin de ces places ce qui fit grandir la tension. Alors que le mot « guerre » n’existe pas en langue aborigène, ceux-ci commencèrent à voler dans les greniers à blé pour pouvoir se nourrir puisque privés de terres fertiles. La tension monta encore et les aborigènes furent alors jetés en prison pour des délits mineurs. La tension monta encore. En plus de cela, n’ayant pas le même langage, il était difficile de communique entre blancs et aborigènes. Pour se venger, certains aborigènes « sanctionnèrent » les colons en les tuant à l’aide de leur lance. La tension monta encore. Les massacrent de masse commencèrent et beaucoup d’aborigènes furent tués pour « un rien ». Bien sur, c’est très schématique comme explication, et c’est bien plus compliqué que cela, mais en première approche, je pense que c’est une vision objective bien que caricaturale des choses.
Cela fait maintenant 4 heures que je pianote inlassablement sur les touches de mon ordinateur, mais là j’avoue, je commence un peu à en avoir marre ! Pour finir court, je vous mets quelques photos de l’île que nous avons visitée de fonds en comble ! Craig nous prêta chaque jour des vélos pour explorer cette île d’une dizaine de km². Je m’excuse aussi pour les fautes d’avance, mais je n’ai pas le courage de relire non plu ! Vous m’en excuserez.
Ci-dessous, une plage magnifique avec une eau très calme car à l’abri du vent.

Bien que nous soyons en fin d’automne, il fait toujours aussi bon puisque le thermomètre avoisine les 30 degrés.

Ci-dessous, la photo « qui fait peur » de l’article ! Nous sommes maintenant habitué à voir des araignées gigantesques !

Il y a également encore beaucoup de touristes et de bateau de plaisance dans la baie, mais de l’avis de Craig, ce n’est rien comparé à l’influence estivale.

Ci-dessous, un gigantesque pélican immobile qui rend fou furieux une « australian seagall » qui s’est faite piquée sa place !

Enfin, pour terminer, une dernière photo de plage…

… et un dernier coucher de soleil.

Voila pour les dernières news, ma façon d’écrire est assez brute de chez brute, mais j’espère que cela vous aidera à comprendre un peu plus ce pays qui est un véritable lieu d’épanouissement personnel dans ma quête de valeurs humaines et de vérité.
A bientôt pour un prochain épisode,
JP.
PS : Vous trouverez dans le galerie photo les derniers articles de journaux.
Posted by Jean-Philippe at mai 15, 2006 01:48 PM
Comments
aaaaaahhhhhh, enfin la suite! merci de continuer a partager ca avec nous, ca fait plaisir!
bonne fin de periple
Posted by: guilhem at mai 15, 2006 10:08 PM
aaaaaahhhhhh, enfin la suite! merci de continuer a partager ca avec nous, ca fait plaisir!
bonne fin de periple
Posted by: guilhem at mai 15, 2006 10:08 PM
Merci JP pour ce récit que nous attendions tous avec impatience. Cela fait vraiment rêver et tes photos sont superbes. Vivement la mi-juin, que tu puisses nous raconter ton périple de vive voix.
Bonne fin de séjour,bisous à toi et Maribel.
Posted by: Thierry at mai 16, 2006 01:13 AM
Cher JP,
C'est tjrs aussi émouvant et passionnant de lire tes dernières aventures. Je suis impressionnée par ton style (tu es fin prêt pour l'écriture du livre) ainsi que par la diversité des gens que tu rencontres ... la générosité est tjrs le maître-mot ! Profite bien avec Maribel du mois de magie et de découvertes qu'il vous reste dans ces paysages qui font rêver ... et à très bientôt en live, pour notre bonheur à tous. Gros bisous à vous 2 et heureuse continuation ... ;-)
Posted by: kiki at mai 17, 2006 10:13 PM
Bien Jean Phi,ton récit est super, tes photos magnifiques.
J'avais l'impression de t'avoir un peu perdu lors de ton dernier article et là je retrouve le filleul que je connais dans son style, sa façon de regarder le monde en prenant un peu plus de recul.
Je suis ravie que tu aies pris la décision de rentrer au pays comme prévu.
Profite sainement de ton dernier mois là-bas, rapporte-nous plein de photos et d'histoires.
Il me tarde de te revoir.
Très affectueusement, à toi et à Maribel. Nelly
Posted by: Nelly Dubois at mai 18, 2006 07:30 AM
Coucou à tous les deux
Tout d'abord félicitations pour les superbes photos et l'article très intéressant,nous avons regardé cela avec beaucoup d'intéret ainsi que l'article du Pays.Ou etes- vous en ce moment?à Perth ou à Melbourne?Il nous tarde d'avoir des nouvelles.Bisous à tous les deux.
Posted by: Dette at mai 20, 2006 05:08 AM
Salut Jipouille!
ça faisait quelques semaines que je n'étais pas venu sur ton site, et j'avoue que ça reste toujours un plaisir de suivre tes aventures à l'autre bout du monde. ça me permet de voyager quand je m'ennuie au boulot (si si, ça m'arrive...). ça me rapelle le genre de voyage que moi aussi j'ai vécu en amérique du sud. Arf ... cette sensation de liberté, tellement bon!! Pour les fautes d'orthographes et le style brute de décoffrage, tu n'as franchement pas de soucis à te faire. Tu as beau ne pas avoir relu ton article, rien ne m'a choqué... et on est bien loin de l'orthographe SMS qui sévit de plus en plus sur les forumes internet. Sur ce grand, @ bientôt ici ou là (bientôt de retour au pays de la cancoillote je suppose. Cu soon buddy! Seb (Le Breton from Elsass)
Posted by: Seb at mai 24, 2006 09:06 PM