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mai 25, 2006
Dreamtime : La peinture de Cape Le Grand
Je dédicace l’article suivant à Gail Yorkshire Selby, qui m’a accueilli comme un prince lorsque j’ai eu un coup de pompe il y a quelques semaines maintenant. Je lui avais alors demander de me raconter l’Histoire de Cape Le Grand, un parc national situé à 65 km à l’Est d’Espérance. Ce dernier avait attiré mon attention par la multiplicité des noms français aux alentours mais aussi par la magnificence de l’endroit.
Commençons par le réel. Voici la plage de Lucky Bay. Cette plage est une des plus belles d’Australie. Les kangourous y viennent chaque jour et nous avons même eu la chance d’y apercevoir des dauphins lors de notre venue quelques mois plus tôt en compagnie de Joseph. La faiblesse de ses fonds marins en fait un lieu idéal pour tous les poissons qui viennent s’y nourrir. De plus, je vous rappelle qu’Espérance est loin de tout, à 1000 km de Perth qui est elle-même à 2500 km de la ville la plus proche. Un petit paradis sur Terre, où tous les gens vivent paisiblement, endroit idéal pour se ressourcer.

Remarquez les deux îles en haut à gauche de la photo, cela nous servira pour plus tard….
Lorsque je vous parle de la multiplicité des noms français dans la région, c’est parce q’ils furent les premiers à explorer ces terres inconnus en provenance d’occident. Ainsi, la photo suivante représente « Frenchman peak » qui est la colline faisant face aux deux îles précédentes.

Observez bien, avec un peu d’imagination, on dirait un aigle posé sur la colline. On y reviendra aussi.
Lors de ma première venue à Espérance, Gail et ses enfants m’avaient amené alors là-bas. Nous avions ainsi passé la journée à découvrir ce lieu magique et je m’étais laissé compté le « dreamtime » de cette place. Revenu il y a quelques semaines à Espérance, Gail me confia qu’elle avait réalisé une peinture depuis, retraçant la légende de Cape Le Grand. C’est ainsi avec plaisir que je vous la transmets à mon tour. Cela vous donnera un aperçu plus concret de l’art aborigène et des valeurs qu’ils véhiculent.
Voici la peinture de Gail :

Commençons d’abord par la signification de chaque élément :

Ces empreintes représentent celles d’un aigle immobile à cet endroit et qui regarde en direction de l’océan et de la terre pour être sur que les deux enfants (représentés par les 2 îles) demeurent immobiles et ne reviennent jamais.

Ce lézard représente de la nourriture dans le bush.

Le campement. Les demi-cercles représentent les gens assis. Le feu au centre sert pour cuisiner et tenir chaud.

La fleur en éclosion. On peut sucer le miel à l’intérieur qui est délicieux.

La place d’eau. On remarque les gens marchant en sa direction.

Familles assises regardant en direction des enfants (représentés par les 2 îles).

Empreintes d’émeus à côté d’une source d’eau.

Empreintes de kangourous. Ces animaux représentent de la nourriture pour les Hommes.
Les couleurs de cette peinture sont celles de la terre aux environs d’Espérance. Les empreintes de pieds tout au long de la plage sont celles de leurs familles aborigènes marchant le long de la côte d’Espérance à Albany à l’Ouest et Eucla à l’Est. Leur peuple est appelé « shell people », c'est-à-dire le peuple des coquillages. Il y avait pleins de petites tribus le long du chemin ; ils sont tous reliés ensemble d’une certaine façon.
Voici à présent la légende telle que Gail me l’a racontée.
« Cette histoire relate l’aigle vivant en harmonie avec notre peuple.
Il y a longtemps, durant le dreamtime, les gens vivaient tous autour de ‘Mundaboonup’. Aujourd’hui, ce lieu s’appelle ‘Cape Le Grand’. Les gens faisaient confiance au sommet de la colline où ils pouvaient voir certains jours les aigles voler afin de trouver de la nourriture. Ces jours-là, les gens savaient que ce serait de bons jours également pour eux afin de trouver de la nourriture.
Un jour, les sages remarquèrent qu’il ne restait qu’un aigle qui tournoyait à la recherche de nourriture. Les autres avaient disparus. Les sages s’assirent avec leurs familles et dirent aux enfants de ne jamais aller là-haut et d’escalader la colline.
Quand tout le monde fut parti du camp, deux enfants désobéirent et gravirent la colline. Ils savaient que l’aigle était parti et ils volèrent ses œufs.
Quand l’aigle revint, il remarqua que les œufs avaient disparus. Très en colère, il vola et tournoya bruyamment au dessus des gens.
Pris de stupeur, les gens s’arrêtèrent et regardèrent l’aigle avec effroi. Que s’était-il passé ?
Alors ils remarquèrent les deux enfants dévalant la colline. L’aigle le remarqua aussi, tout le monde pris peur. L’aigle piqua alors en direction des enfants et les jeta dans l’océan. Ils essayèrent de regagner la plage mais l’aigle les remit à l’eau.
L’aigle s’assit alors (empreintes dans le coin supérieur gauche du dessin) et les regarda pour toujours les transformant ainsi en pierre (représentés par les deux îles au centre inférieur du dessin). La famille est encore assise regardant en direction de l’océan, pleurant et attendant que les enfants reviennent. Mais ils sont désormais en pierre.
Tous les autres gens ont quitté l’endroit et passent juste devant maintenant.
Nous regardons de nos jours en arrière et cette histoire nous rappelle de dire à nos enfants qu’ils doivent toujours obéir aux sages, s’ils ne veulent pas avoir le même destin que ces deux enfants désobéissants… »
Posted by Jean-Philippe at mai 25, 2006 03:11 PM
Comments
Coucou Jean-Phi
Intéressantes ces deux dernières légendes, surtout la morale de la fin,à méditer...Les photos sont toujours aussi superbes.Que faites-vous à Melbourne?Il y a sans doute de belles choses à voir aussi.Au plaisir de te lire.Bisous à vous deux.
ps:La peinture de Gail est vraiment une oeuvre d'art,surtout après l'explication que tu en donnes.
Posted by: Dette at mai 25, 2006 08:02 PM
Salut JP,
Merci pour ces 2 articles, et je trouve que tu as la plume de plus en plus facile, tu vas pouvoir écrire un livre à ton retour.Les photos sont toujours aussi magnifiques, et cela nous fait rêver, surtout que le soleil tarde a venir chez nous, mais je suis sur qu'il sera présent dès votre retour.
Bisous à toi et Maribel.Ton parrain
Posted by: Thierry at mai 27, 2006 06:01 AM
Coucou JP,
C'est clair que ces 2 légendes poussent à réfléchir sur l'importance de "l'héritage" moral de nos parents et nos "anciens" ... merci de nous en avoir si bien et si finiment restitué l'essentiel. Les photos également sont sublimes, tu nous envoies un peu le soleil qui nous manque bcp en Franche-Comté ! à très bientôt, bisous à Maribel et toi. Ta cousine.
Posted by: kiki at mai 31, 2006 09:21 PM